lundi 23 janvier 2012

90

90. Quatre vingt dix. Ou nonante, au choix. C’est le nombre de jours qu’il reste avant le premier tour des élections présidentielles françaises. 90 jours pour réfléchir à celle ou celui qu’on aimerait voir à la tête de notre pays pour les 5 années à venir.

90 déceptions

Le moins qu’on puisse dire, c’est que le mandat de Sarkozy a été frappé du sceau de l’échec. Non seulement car l’élu n’a pas respecté les promesses qui avaient conduit les Français à voir en lui l’homme providentiel qui nous sortirait de l’impasse, mais aussi parce que cet homme, non content d’avoir enfumé la France, nous a aussi fait reculer. Chômage, éducation, dette publique, cohésion sociale, politique étrangère… J’ai beau chercher, je ne vois rien de positif dans l’action de Nicolas Sarkozy Premier (et certainement le dernier d’une lignée que j’espère aussi courte que possible). Le nombre de demandeurs d’emploi a explosé, notre éducation fait peine à voir et les aveugles suppressions de poste n’y sont pas complètement pour rien, notre dette publique est rouge et vire à l’écarlate, les Français ont été montés les uns contre les autres avec d’un côté les bons, dont les arrière arrière arrière grands parents côtoyaient les Voltaire, Rimbaud ou Molière, et de l’autre ceux dont la grand-mère s’appelle Rachida ou le papa Mamadou. Je zappe sur les écarts de richesse qui ne font qu’augmenter et que le gouvernement semble encourager en menant une politique fiscale aussi cohérente que les schémas tactique de Domenech pendant la coupe du monde en Afrique du sud. Quant à notre politique étrangère… Certains la brandissent comme LA réussite du mandat du petit homme : règlement de la crise géorgienne, sauvetage de l’euro, intervention en Libye… On devrait peut-être aussi parler de l’échec d’une Union pour la Méditerranée mort-née, des atermoiements de la diplomatie française au sujet du printemps tunisien, de la réintégration de l’OTAN, et de notre absence totale de stratégie à long terme avec les grandes puissances émergentes type Chine ou Brésil, qui pointent respectivement désormais aux 2e et 6e rangs en termes de puissance économique mondiale.

Navigation à vue : c’est le terme qui qualifie le mieux les réformes successives entreprises par un gouvernement dépassé par les évènements. Les heures supp défiscalisées ont laissé la place à une réflexion sur le chômage partiel ; le bouclier fiscal a été détricoté jusqu’à la dernière maille ; on accueille Kadhafi à la maison avant de payer ceux qui lui mettent une balle dans la tête ; on vante un couple franco-allemand qui en plus de n’avoir pas grand-chose de français, est une insulte à nos 25 autres partenaires. Et j’en passe…

90 raisons de s’inquiéter pour la suite

Cette inconsistance dans les réformes menées par notre gouvernement trahit un amateurisme que des opérations de com’, toutes soignées soient-elles, ne sauraient dissimuler. Je demande à tous ceux qui ont encore un doute sur l’incapacité de notre président à mener le navire France, à tous ceux qui ressortent l’argument de la crise pour justifier de telles inepties, je leur demande d’ouvrir les yeux : notre président est nul, et la clique qui l’accompagne, à l’exception de quelques-uns, n’aide pas. Les Frédéric Lefebvre, Nadine Morano, Claude Guéant, David Douillet, Brice Hortefeux, Xavier Bertrand et compagnie : ça suffit ! Si cet attelage là, comme il le clame, parvient à œuvrer pour la France, c’est en lui préparant une définitive place dans les livres d’Histoire, au rayon des grandes puissances du passé.

On pourrait se réjouir des prochaines échéances, l’occasion de se débarrasser de cet homme qui mouline autant qu’il rame. Mais malheureusement, Sarkozy n’est jamais aussi bon que quand il est au pied du mur, et les Français n’ont jamais eu autant envie qu’on les caresse dans le sens du poil, qu’on les rassure, qu’on leur dise des mots doux. A ce petit jeu, ce qui nous sert de président est champion. Et quand je regarde de l’autre côté de l’échiquier, du côté de ceux qui prônent le « changement, et maintenant », je n’ai pas particulièrement de raisons de me rassurer. Le candidat du parti socialiste a réussi à faire oublier sa mollesse, son inexpérience et son absence de vision, au prix d’un régime qui lui a fait perdre quelques kilos et surtout grâce à un bien heureux épisode qui l’a propulsé sous les projecteurs pendant que son ami Dominique rongeait son frein à l’ombre. J’ai attendu son discours du Bourget pour tâter le calibre du bonhomme, et le résultat est très simple : le changement version Hollande 2012, c’est de prendre tout ce que Sarkozy a fait, et de faire exactement le contraire. Vaste programme, comme dirait l’autre. Quelle vision ! Quelle ambition pour la France !

90 raisons d’espérer

En 2007, François Bayrou faisait 18% des voix. Il aurait pu être l’arbitre du 2e tour des élections présidentielles et faire basculer le sort de la France, mais fidèle à ses principes, il a refusé de cautionner un système dont il dénonçait les abus, les dysfonctionnements, les dégâts. Cinq après, toutes ses prédictions sont devenues réalités, pendant que toutes ses préconisations étaient écartées du revers de la manche avec mépris. Que disait-il en 2007 ? « La France vit au-dessus de ses moyens, ses déficits et son endettement ne seront pas tenables sur le long terme. La France ne produit plus et doit retisser un réseau dynamique de PME. La construction de l’Union Européenne doit redevenir une priorité et faire l’objet d’une attention constante. Les efforts doivent être orientés sur l’éducation : il est intolérable que des enfants ne sachent pas lire en arrivant en 6e. Il faut réinstaurer du dialogue social dans le monde du travail, pour que les réformes ne soient plus un produit du gouvernement, mais le résultat de grandes concertations. La démocratie s’affaiblit, en témoigne une abstention de plus en plus prégnante : il faut réintroduire une dose de proportionnelle pour que la voix de chacun compte ». Je continue, ou est-ce que c’est suffisant ? Les peurs du Béarnais étaient malheureusement fondées, et ses prévisions d’une désolante précision.

Quelles sont les raisons d’espérer dans ce contexte ? Malgré la crainte qu’il m’inspire, j’ai foi en le peuple Français. Nous avons été aveuglés par des discours truffés de promesses scintillantes et pleins de lendemains qui chantent : le réveil s’avère être brutal, et je ne suis pas sûr que 65 millions de personnes apprécient vraiment cette vilaine gueule de bois... Ce dont nous avons besoin, c’est d’une personne qui rassemble autour d’une vision novatrice, d’une personne qui comprenne les enjeux de la situation, qui sache comment relever les défis qui nous sont imposés. Une personne qui sache faire la part des choses entre pragmatisme et idéalisme. Une personne dont la clairvoyance et la détermination doteront notre pays des outils nécessaires pour le remettre en marche.

Le 22 avril 2012, c’est plus qu’un bulletin que nous mettrons dans une urne : nous allons décider si nous choisissons de recycler des méthodes du passé, ou si nous allons donner sa chance à l’innovation. Il s’agit d’un petit geste, mais qui, si chacun s’y met, peut devenir une véritable vague : ne perdons pas cinq ans de plus, en 2012, c’est Bayrou ! 

2 commentaires:

  1. Je te trouve bien sévère sur l'absence de stratégie avec les indiens : on a dégoté le contrat du siècle, on va leur mettre le manche entre les mains, ils vont fabriquer des avions qui voleront comme des fers à repasser et ils nous appelleront à l'aide pour sauver l'humanité (enfin au moins 1/6e, ce qui est déjà pas si mal)... Elle est pas belle la vie ?? ;)

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  2. J'ai foi dans le peuple Français... écris-tu.
    je crois bien que tu es encore un peu trop jeune mon neveu,ou trop naïf (même si ton analyse pertinente me plait bien, les espoirs que tu caresses risquent fort de ne rester qu'utopie, même si l'espoir fait vivre).. Tu commences à comprendre les choses mais les autres... peuvent-ils comprendre ? J'en doute car alors pourquoi ne sommes nous pas sortis de cette alternance droite gauche bonnet blanc et blanc bonnet. On a même poussé la plaisanterie avec des présidents et des premiers ministres opposés. C'est tout de même un peu balaise d'avoir pratiquement toujours réussi à démonter ce que faisait le prédécesseur et à voter l'inverse du bulletin que l'on avait glissé dans l'urne lors de l'élection précédente.Alors oui, F.Bayrou a surement une carte à jouer. En tout cas, moi aussi j'ai bien envie de lui donner sa chance, pour voir, mais aussi parce qu'il me paraît honnête et moins hypocrite que les deux favoris. Mais peut être suis-je aussi naïf... va savoir.
    Tonton Denis

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