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Agaciro Development Fund : outil rwandais de financement rwandais du développement à la rwandaise

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EDIT le 16 octobre 2012 : les craintes que j'avais concernant l'adhésion au fonds et les pressions sur la population pour inciter aux contributions se vérifient jour après jour. Je ne compte plus les témoignages d'amis et autres connaissances m'expliquant que de très nombreux dons sont tout sauf volontaires. Les grandes sociétés sont elles-aussi concernées : le géant de la télécommunication MTN s'est vu "incité" à contribuer de façon conséquente. Je ne parle pas des employés du gouvernement dont certains donnent 10% de leur salaire pour le fonds. Ils le font soit-disant volontairement, mais difficile de voir où est la limite entre le "volontiers" d'adhésion et le "volontiers" pour se couvrir... Enfin certains artistes sont sollicités pour animer des soirées de promotion du Fonds. Là encore, on ne leur laisse pas vraiment le choix de refuser. Aucune menace n'est bien sûr directement brandie, mais pas besoin d'être Einstein po...

Dîner en Blanc à Kigali

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Non, il ne s’agit pas d’une renaissance du Ku Kux Klan en terres africaines. Pas non plus d’une résurgence des soirées en blanc qui ont fait la renommée d’Eddy Barclay sur la croisette. Le Dîner en Blanc est un évènement originaire de Paris (cocorico) qui a vu le jour il y a 24 ans, fruit de l’imagination d'amis qui, manquant de place pour accueillir leurs convives, ont opté pour l’option « flashmob » : l’endroit serait sauvage, en public, et communiqué aux invités au dernier moment. Détail rassembleur pour ces derniers : tous devraient être vêtus de blanc. L’expérience, véritable succès, rassemble aujourd’hui 15.000 personnes à Paris, et a été dupliquée à l’international (Europe, Amérique du Nord, Australie, etc.). Le 11 août dernier, Kigali allait devenir la première ville africaine à se mettre sur son 31 et s’asseoir à la table du Dîner en Blanc. Il se trouve que j’ai pu être associé aux préparatifs puisque les organisateurs ne sont autres que la boîte de com...

De l'urbanisme à Kigali

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Lors de mes récentes pérégrinations sur Facebook, je suis tombé sur une photo qui a pas mal tourné dans mes contacts de Kigali, représentant l'évolution urbaine de la ville en une dizaine d'années. Le moins que l'on puisse dire, c'est que le changement est impressionnant. Voyez vous-mêmes : Impressionné par l'évolution, et afin de contribuer à mon échelle à déconstruire l'image négative du Rwanda en occident, j'ai à mon tour partagé l'image en commentant "good job Rwanda". Deux réactions m'ont donné envie de poster un billet sur l'urbanisation à marche forcée que les autorités impriment à Kigali. La première vient d'Alex, un ami Français depuis rentré au pays et qui faisait son service civique au comité national olympique rwandais : "question débat : est-ce forcément signe de good job?". La seconde vient de Mirko, un consultant italo-français passé par Kigali pour une mission d'un peu plus de deux mois : ...

Classe politique cherche renouveau désespérément. Candidats non sérieux s'abstenir.

7 mai 2012. Le réveil sonne, on regarde l’heure, 7h30. On se prend à espérer – comme tous les matins d’ailleurs – que 5 minutes de semi sommeil en plus seront salvatrices. 7h35, les notes aiguës du réveil nous tirent finalement des bras de Morphée. Un café, un toast, des grommellements en guise de paroles jusqu’à ce qu’une bonne douche achève de nous réveiller. Un pantalon, une chemise, et en route pour le boulot. Bref, un lundi matin comme les autres. Ce qui pensaient que le changement, c’était maintenant, commencent à se raviser. Au terme d’une campagne à mon sens calamiteuse, c’est donc François Hollande qui l’a emporté sur Nicolas Sarkozy. Le lundi 7 mai, la France se réveille socialiste. La dernière fois, c’était il y a presque 20 ans… Pour être honnête, je me rappelais pas trop de ce que ça faisait. Je vais vous le dire : c’est bizarre en fait. Pendant cinq ans, j’ai enduré les pathétiques tribulations de notre président, qui n’en finissait pourtant plus de nous assur...

90

90. Quatre vingt dix. Ou nonante, au choix. C’est le nombre de jours qu’il reste avant le premier tour des élections présidentielles françaises. 90 jours pour réfléchir à celle ou celui qu’on aimerait voir à la tête de notre pays pour les 5 années à venir. 90 déceptions Le moins qu’on puisse dire, c’est que le mandat de Sarkozy a été frappé du sceau de l’échec. Non seulement car l’élu n’a pas respecté les promesses qui avaient conduit les Français à voir en lui l’homme providentiel qui nous sortirait de l’impasse, mais aussi parce que cet homme, non content d’avoir enfumé la France, nous a aussi fait reculer. Chômage, éducation, dette publique, cohésion sociale, politique étrangère… J’ai beau chercher, je ne vois rien de positif dans l’action de Nicolas Sarkozy Premier (et certainement le dernier d’une lignée que j’espère aussi courte que possible). Le nombre de demandeurs d’emploi a explosé, notre éducation fait peine à voir et les aveugles suppressions de poste n’y sont pas complèt...

Bruguière VS Trévidic

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Il y a une semaine jour pour jour, une page importante de l’histoire du Rwanda s’est écrite. Le juge anti-terroriste français Marc Trévidic rendait son rapport sur l’attentat perpétré le 6 avril 1994 contre l’avion du président du Rwanda Juvénal Habyarimana, élément déclencheur du génocide contre les Tutsi. Petite chronologie des faits pour mieux comprendre  les faits et leur portée. 1962  : le Rwanda devient indépendant. Les Hutu prennent le pouvoir, et commencent les massacres de Tutsi, sur lesquels les Belges s'appuyaient lors de la colonisation, pour leur faire payer leur domination sur le royaume. 1990  : depuis l’indépendance, des milliers de Tutsi ont fui les massacres ethniques et trouvé refuge dans les pays voisins, notamment Ouganda, Congo, Burundi. En Ouganda, ils ont formé le FPR, avec à leur tête l’actuel président du pays Paul Kagame. En 1990, avec le soutien de l’Ouganda et d’autres pays anglophones (USA, Angleterre), le FPR attaque le Rwanda pour re...

Noël en short

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Depuis 23 ans que je gambade sur cette terre, j’ai systématiquement passé Noël dans les contrées froides de Normandie, avec un thermomètre oscillant entre 0 et 10. Noël, pour moi, c’est écharpe, bonnet, gants, et parfois advil pour se essayer de se débarrasser de cette vilaine crève. Au-delà de ça, Noël a toujours été une période d’effervescence où la ville prend un nouveau visage, celui des guirlandes, des illuminations, et des pralines chaudes vendues par des inconnus qui se réchauffent tant bien que mal sur leur brasero au coin de la rue. Gros changement cette année : casquette en guise de bonnet, et short et t-shirt pour tout accoutrement. Pour les pralines, faudra repasser : interdit de vendre de la nourriture en ville. Noël 2011 n’a donc pas eu lieu au coin de la cheminée mais sur les rives du lac Kivu, et plus précisément à Kibuye, véritable petit bijou à 120km au sud de Gisenyi. Un des plus beaux lieux du Rwanda, dans lequel – et on me l’a Ô combien reproché – ...